En quelques mots

Les maladies non transmissibles (MNT) sont un problème de santé majeur. Parmi les principales MNT, on compte le cancer, les maladies cardiovasculaires, les affections chroniques des voies respiratoires, le diabète et les troubles musculo-squelettiques.

En Suisse, ces cinq MNT provoquent plus de la moitié des décès. Les coûts directs liés à ces maladies représentent 40% des coûts totaux du système de santé et les coûts indirects sont estimés à 15 à 30 milliards de francs.

Les études ont démontré que quatre facteurs ont une forte influence sur la probabilité de souffrir d’une MNT : l’activité physique, l’alimentation, le tabac et l’alcool. En agissant sur ces quatre facteurs, on promeut la santé de la population et on lutte contre les MNT.

Parmi les autres facteurs, on trouve également les facteurs socio-économiques (formation, revenu). Cette thématique est abordée dans le chapitre « Inégalités sociales et territoriales de la santé ».

Les environnements favorables à la santé permettent d’agir sur les facteurs d’influence des MNT et sont donc un moyen de lutte contre les MNT.

Les maladies non transmissibles (MNT)

Dans l’histoire de l’humanité, et jusqu’au milieu du 20ème siècle, les maladies transmissibles, comme le choléra ou la tuberculose, ont causé d’innombrables morts. Avec l’arrivée des vaccins, des antibiotiques et une amélioration de l’hygiène, l’impact de ces maladies a été fortement diminué.

Aujourd’hui, le plus gros problème de santé publique réside dans les maladies non transmissibles, qui sont responsables de plus de 70% des décès dans le monde, sans compter les douleurs chroniques et une diminution de la qualité de vie.

Les maladies non transmissibles (MNT) sont définies comme suit par l’OMS :

« Les maladies non transmissibles, également appelées maladies chroniques, ne se transmettent pas d’une personne à l’autre. Elles sont de longue durée et évoluent en général lentement. Les quatre principaux types de maladies non transmissibles sont les maladies cardiovasculaires (accidents vasculaires cardiaques ou cérébraux), les cancers, les maladies respiratoires chroniques (comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive ou l’asthme) et le diabète. »

Il existe d’autres MNT. La Stratégie suisse de prévention des maladies non transmissibles inclut également les troubles musculo-squelettiques dans la liste. La stratégie couvre donc ces cinq MNT :

  • Maladies cardiovasculaires (maladies du cœur et troubles de la circulation sanguine comme l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral ;
  • Cancer (on parle parfois de « tumeurs malignes » qui est un synonyme) ;
  • Affections chroniques des voies respiratoires (exemple : asthme, bronchite chronique et emphysème) ;
  • Diabète (de type 2) ;
  • Troubles musculo-squelettiques (exemple : arthrose, arthrite, ostéoporose, douleurs dorsales, rhumatisme des tissus mous).

Impact et coût des MNT

Décès

En 2015, en Suisse, les quatre principales MNT (maladies cardiovasculaires, cancer, maladies chroniques respiratoires et diabète) sont à l’origine de 65% des décès chez les hommes :

Source: Office Fédéral de la Statistique

Chez les femmes, les quatre MNT sont responsables de 61% des décès :

Source: Office Fédéral de la Statistique

Décès prématurés

La mortalité « prématurée » se mesure à l’aide du nombre d’années potentielles de vie perdues (APVP). Elle mesure l’impact des maladies sur les décès avant l’âge de 70 ans.

« Les APVP sont calculées en additionnant les décès de chaque groupe d’âges et en les pondérant par le nombre d’années que les personnes décédées auraient encore pu vivre jusqu’à l’âge de 70 ans. Si le décès survient, par exemple, à l’âge de 5 ans, on compte 65 APVP. La limite de 70 ans est choisie pour des raisons de comparabilité (même limite fixée par l’OCDE, p. ex.) ».

On constate que, même pour les décès de personnes moins âgées, les trois principales MNT sont une cause fréquente de morbidité : 46,9% chez les hommes et 59,7% chez les femmes :

Coûts directs

En Suisse, une étude s’est penchée sur les coûts des MNT pour l’année 2011. Les coûts médicaux directs sont liés au traitement d’une maladie : médicaments et hospitalisations, soins médicaux et soins infirmiers en ambulatoire.

Selon les maladies que l’on intègre dans la définition des MNT, les coûts directs des MNT oscillent entre 40% et 80% des coûts totaux du système de santé (qui se montent à 64,6 milliards de francs pour 2011) :

Outre les cinq principales MNT, les maladies psychiques et la démence, les maladies suivantes sont comprises dans le dernier chiffre (80%) : troubles du système digestif, maladies neurologiques, maladies génito-urinaires, du sang et endocriniennes, maladies congénitales et autres.

Coûts indirects

Les MNT occasionnent également d’importants coûts indirects : « Il s’agit principalement de pertes de productivité résultant de la maladie ou d’un décès prématuré. Des temps d’absence dus à la maladie, une baisse des performances et des absences prolongées sont notamment constatés sur le lieu de travail. Le temps des proches et des amis par exemple, qui soignent gratuitement une personne doit également être pris en compte » (OFSP, Stratégie nationale de prévention des maladies non transmissibles 2017-2024).

Comme les coûts indirects ont été calculés à partir de la littérature et que certaines catégories de coûts n’existent pas pour tous les groupes de MNT, la fourchette pour les coûts indirects des MNT retenues varie entre 15,4 et 29,5 milliards de francs (OFSP Coûts directs et indirects des principales maladies non transmissibles) :

Les facteurs d’influence sur les MNT

Les facteurs d’influence augmentent ou diminuent la probabilité de souffrir d’une maladie non transmissible (MNT). Les facteurs d’influence des MNT sont représentés ci-dessous :

Source: OFSP, Stratégie nationale de prévention des maladies non transmissibles 2017-2024

On distingue trois catégories de facteurs d’influence :

  1. Les facteurs d’influence liés au mode de vie
    1. Activité physique
    2. Alimentation
    3. Tabac
    4. Alcool
  2. Les facteurs de santé physiologiques
    1. Pression artérielle
    2. Lipidémie
    3. Poids
  3. Les facteurs socio-économiques

Rappelons que les facteurs dits « liés au mode de vie » sont en réalité fortement influencés par l’environnement de vie. Ces quatre facteurs peuvent être formulés de deux façons :

  • Comme facteurs de protection : activité physique, alimentation équilibrée, absence de consommation de tabac, consommation modérée d’alcool ;
  • Comme facteurs de risque : sédentarité, alimentation déséquilibrée, consommation de tabac et consommation excessive d’alcool.

Ces quatre facteurs d’influence sont au cœur de la définition des environnements favorables à la santé : “Un environnement favorable à la santé est un environnement qui exerce une influence positive sur l’état de santé des individus, en facilitant les choix bénéfiques à la santé”.

Impact des quatre facteurs sur les MNT

Une étude publiée en Suisse a montré que la probabilité de survie d’une personne au cours des dix années à venir était étroitement liée à l’interaction des quatre facteurs suivants : activité physique, alimentation, tabac et alcool. La combinaison de ces quatre facteurs est comparable à une différence d’âge de 10 ans : ainsi, une personne âgée de 65 ans qui a un mode de vie déséquilibré a les mêmes chances de survie pendant les dix prochaines années (67 %) qu’une personne de 75 ans au mode de vie sain (67 %).

L’impact des facteurs d’influence sur les MNT est prouvé par de nombreuses études. Une synthèse est présentée ci-dessous par facteur de santé :

L’efficacité des environnements favorables à la santé sur les facteurs d’influence est quant à elle examinée plus haut.

Activité physique

Activité physique, sport et sédentarité

La définition de l’activité physique est la suivante :

  • « Le terme « activité physique » comprend l’ensemble des efforts exercés par la musculature squelettique qui a pour conséquence d’accroître la dépense énergétique au-delà de celle qui est propre au repos. Cela va du jardinage jusqu’aux sports de compétition.

Il convient de faire la différence entre l’activité physique et le sport :

  • La notion de « sport » implique le plus souvent des activités physiques d’intensité élevée, structurées, régies par des règles, et pratiquées dans des situations compétitives» (Bize, 2016).

En d’autres termes, le sport est un type d’activité physique qui vise une performance, soit sous l’angle des objectifs personnels soit vis-à-vis de concurrents. Mais l’activité physique peut prendre de nombreuses autres formes : les déplacements au quotidien à pied ou à vélo, le jardinage, le bricolage, le ménage et la danse par exemple.

Le terme de « sédentarité » est fréquemment utilisé pour désigner une pratique en activité physique inférieure aux recommandations décrites ci-dessous. L’OMS définit la sédentarité comme l’« absence d’activité ou d’exercice physique ». En réalité, il est possible de respecter les recommandations en matière d’activité physique (ex : aller courir une heure et quart chaque semaine) et d’être sédentaire dans le même temps (ex : rester assis derrière un ordinateur 15 heures par jour).

Recommandations et état de la situation en Suisse

Les recommandations suisses en matière d’activité physique préconisent, pour les adultes, la pratique d’au moins deux heures et demie de mouvement par semaine, sous forme d’activités quotidiennes ou de sport d’intensité modérée, idéalement répartie sur plusieurs jours de la semaine. Les recommandations sont différentes pour les nourrissons, les enfants, les adolescents et les aînés.

En ce qui concerne la sédentarité, de plus en plus d’études montrent que le respect des recommandations en matière d’activité physique ne compense pas un comportement sédentaire prolongé. En d’autres termes, les effets négatifs pour la santé d’une sédentarité prolongée ne peuvent être que partiellement compensés par une activité physique pendant les loisirs. Des études supplémentaires devront être menées pour déterminer concrètement la durée maximale des stations assises ainsi que celle des interruptions nécessaires et leur fréquence. En ce qui concerne les enfants de 0 à 4 ans, le Canada vient d’émettre des recommandations d’activité physique qui tiennent compte de la sédentarité (position assise) et du sommeil.

Selon l’Enquête suisse sur la santé de 2012, 27,5% de la population suisse (adulte) ne respecte pas ces recommandations (catégories « Actif partiel » et « Inactif » du graphique ci-dessous), tandis que 72,5% de la population les respecte (catégories « Entraîné », « Actif régulier » et « Actif irrégulier ») . Depuis 2002, la part des personnes qui respectent les recommandations a légèrement augmenté.

Le mode de vie sédentaire, que ce soit au travail, au domicile ou pendant les loisirs et lors des déplacements, reste un gros problème. Selon le système de monitorage alimentation et activité physique (MOSEB) 2016, les adultes passent en moyenne cinq heures par jour en position assise, et ils sont 18% à dépasser quotidiennement les 8,5 heures en position assise.

Impact de l’activité physique sur les MNT

Le bénéfice de la pratique d’une activité physique sur les MNT est clairement identifié : « Lorsque l’on compare la santé des personnes inactives avec celle des personnes régulièrement actives, on observe chez ces dernières un risque inférieur de développer de nombreuses pathologies (U.S. Department of Health and Human Services 1996; Warburton 2006)».

Le graphique suivant résume ce constat. Pour ce qui est des cancers du côlon et du sein par exemple, de grandes études de cohorte suggèrent qu’une activité physique régulière entraîne une diminution du risque de cancer d’environ 50% pour le cancer du côlon et d’environ 15% pour le cancer du sein :

Source: Promotion de l’activité physique au cabinet médical. Manuel de référence à l’intention des médecins

Il est particulièrement intéressant de souligner qu’une activité physique d’intensité modérée, intégrée au quotidien, permet déjà de s’assurer de grands bénéfices pour la santé : « La figure 4 illustre le fait qu’une majorité des effets bénéfiques pour la santé est déjà obtenue par la pratique régulière d’activités physiques d’intensité modérée, assimilables à des activités de la vie quotidienne (Duncan 2005; Manson 2002) » (Bize, 2016) :

Source: Promotion de l’activité physique au cabinet médical. Manuel de référence à l’intention des médecins

Alimentation

Recommandations et état de la situation en Suisse

Une alimentation équilibrée suit les recommandations de la pyramide alimentaire suisse. Pour avoir une alimentation équilibrée, il n’est pas impérativement nécessaire de suivre les recommandations chaque jour à la lettre, mais plutôt de les atteindre en moyenne dans la durée, sur une semaine par exemple. De plus, selon les besoins énergétiques, qui varient eux-mêmes en fonction de l’âge, du sexe, de la taille et de l’activité physique, entre autres, des portions plus ou moins grandes ou petites peuvent être consommées.

Les recommandations suivantes sont notamment formulées: chaque jour 1 à 2 litres de boissons de préférence non sucrées telles que l’eau du robinet, chaque jour 5 portions de fruits et légumes, consommation avec modération de sucreries, boissons sucrées, snacks salés et boissons alcoolisées.

Selon le système de monitorage alimentation et activité physique (MOSEB) 2016, seuls 12% des adultes suisses consomment régulièrement cinq portions de fruits et légumes par jour. 14 % des 18 à 64 ans consomment peu de fruits et légumes, c’est-à-dire moins d’une portion par jour. Plus de la moitié des femmes de 18 à 64 ans (53 %) mangent deux à quatre portions de fruits et légumes par jour, proportion qui est nettement plus faible chez les hommes (45 %).

Tabac

Le tabagisme désigne de manière générale la consommation de tabac, sous quelque forme que ce soit. Il existe en effet plusieurs types de produits du tabac, dégageant ou non de la fumée (cigarettes conventionnelles, cigares, pipes, cigarettes à rouler, produits du tabac chauffé, tabac à priser, tabac à mâcher, etc.).

Le tabagisme peut être actif ou passif. La fumée passive est un mélange de fumée environnante provenant de la combustion spontanée de cigarettes, cigares et pipes et d’autre part, de fumée exhalée, émanant des poumons des fumeurs.

Recommandations et état de la situation en Suisse

Le Monitorage suisse des addictions collecte chaque année, auprès de la population suisse, des données sur la consommation de substances psychotropes (tabac, alcool, cannabis, médicaments, etc.).

Sur la base des données de 2016, il est estimé que 25,3% des personnes âgées de 15 ans et plus fument en Suisse. Ce chiffre est relativement stable depuis 2011. Les hommes sont un peu plus nombreux que les femmes à fumer (respectivement 29.5% contre 21.2%). Ce sont parmi les 20 à 24 ans et les 25 à 34 ans que l’on trouve les plus grandes parts de fumeurs, respectivement 38.2% et 36.3%. La consommation de cigarettes tend ensuite à diminuer avec l’âge. Concernant la consommation de tabac chez les jeunes, la part de fumeurs s’élève à 21.1% chez les 15 à 19 ans.

Impact de la consommation de tabac sur les MNT

La consommation de tabac est, de loin, le principal facteur de risque évitable de cancer. Les personnes qui fument ont plus de risque de développer un cancer que celles qui ne fument pas. Ce risque augmente avec la durée du tabagisme et la quantité de tabac fumée.

S’il est bien connu que le tabagisme est le premier facteur de risque de certains cancers, le grand public ignore souvent que c’est aussi l’un des principaux facteurs de risques de maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, cardiopathies coronariennes, insuffisance cardiaque ou encore l’artériopathie des membres inférieurs).

La fumée du tabac contient en outre des substances irritantes qui vont altérer le bon fonctionnement des poumons et des bronches. Les maladies respiratoires causées ou associées au tabagisme sont nombreuses : asthme, infections respiratoires, bronchite chronique, broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou encore emphysème pulmonaire.

Il existe également un lien, peu connu, entre le tabagisme et le diabète. Chez les fumeurs, le tabac augmente le risque de développer un diabète de type 2 (diabète lié au mode de vie) et chez les personnes diabétiques, le tabagisme aggrave les complications du diabète.

Les méfaits du tabagisme peuvent se faire ressentir aussi bien chez les fumeurs actifs que chez les fumeurs passifs. Comme pour la fumée active, la fumée passive répand ses substances nocives dans le corps, à travers les poumons puis par voie sanguine.

Alcool

L’alcool est de loin le psychotrope le plus consommé en Suisse, 90 % de la population de plus 15 ans en consomment de temps à autre et 10% quotidiennement.

Recommandations et état de la situation en Suisse

Plusieurs études basées sur la survenance de maladies en lien avec la consommation d’alcool ont permis de définir les seuils de consommation à risque.

  • Pour les hommes de moins de 65 ans, plus de 14 boissons alcoolisées standards par semaine ou  plus de 4 boissons standards par occasion.
  • Pour les femmes et les hommes de plus de 65 ans, plus de 7 boissons alcoolisées standards par semaine ou plus de 3 boissons standards par occasion.

En complément à ces références, la consommation inappropriée aux circonstances se définit comme une consommation pouvant avoir des effets néfastes indépendamment des seuils de référence de la consommation à risque. A titre d’exemples, on peut citer la conduite de véhicules, la consommation d’alcool au travail ou lors d’activités sportives ou la grossesse.

Bien que la consommation d’alcool ne pose pas de problème pour une majorité de la population, 20% de la population a une consommation à risque, dont 15.6 % concerne des ivresses ponctuelles, 1.3% une consommation chronique à risque et 3.2% une combinaison des deux comportements. On estime à 300000 le nombre de personnes dépendantes à l’alcool.

Les ivresses ponctuelles concernent d’avantage les jeunes bien que la situation se soit améliorée ces dernières années. La consommation chronique touche davantage les personnes âgées. Les problèmes liés à la consommation d’alcool sont, de manière générale, restés stables ces dernières années.

Impact de la consommation d’alcool sur les MNT

La consommation d’alcool a un impact important sur la santé. En Suisse, un décès sur onze est lié à l’alcool. Cette mortalité est principalement due aux maladies (cirrhose du foie, pancréatite, cancers,  maladies cardiovasculaires,…)  ainsi qu’aux traumatismes (accidents, suicides,…) en lien avec la consommation d’alcool.

Autres facteurs

Parmi les autres facteurs d’influence des MNT, on compte les facteurs de santé physiologiques : pression artérielle, lipidémie et poids. Ces facteurs peuvent être héréditaires mais aussi influencés par le mode de vie et l’environnement de vie.

L’hypertension artérielle est définie par une pression artérielle trop élevée tandis que l’hyperlipidémie (taux élevé de graisse dans le sang) est en lien avec le cholestérol. Les deux sont des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires.

Le poids

Le surpoids et l’obésité sont également des facteurs d’influence des MNT et sont définis comme tels : « le surpoids et l’obésité se définissent comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé ».

On estime habituellement le surpoids et l’obésité à l’aide de l’indice de masse corporelle (IMC, BMI en anglais), qui correspond au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2.

Pour l’adulte, l’OMS définit le surpoids et l’obésité comme suit :

  • Il y a surpoids quand l’IMC est égal ou supérieur à 25 ;
  • Il y a obésité quand l’IMC est égal ou supérieur à 30.

Pour les adultes, l’IMC donne une indication approximative car il ne correspond pas forcément au même degré d’adiposité (accumulation de graisse dans les tissus cellulaires) d’un individu à l’autre. Pour les enfants, il faut tenir compte de l’âge pour définir le surpoids et l’obésité.

L’identification des déterminants du poids est d’une très grande complexité, en raison du grand nombre de variables (physiologiques, individuelles et environnementales), et de l’interdépendance entre ces variables notamment (Swinburn, 2011).

(Sur)poids et activité physique

En ce qui concerne les recommandations pour la population, « il est toutefois très important de relever que la majorité des effets bénéfiques pour la santé liés à une activité physique régulière s’observe également chez les personnes obèses en l’absence de perte de poids (Johnson 2008; Pedersen 2007). Il semble donc plus judicieux de trouver une activité physique modérée bien acceptée, qui peut être encouragée par exemple au moyen d’un podomètre, que de viser une perte de poids « à tout prix » (Durrer 2008)» (Bize, 2016). En d’autres termes, la pratique d’une activité physique offre d’importants bénéfices pour la santé, quel que soit le poids de la personne.

Etat de la situation en Suisse

Selon le système de monitorage alimentation et activité physique (MOSEB) 2016, 41% des 18 à 64 ans sont en surpoids ou obèses, l’obésité seule touchant 12% de cette tranche d’âge. La proportion de personnes en surpoids est plus de deux fois supérieure chez les hommes (40 %) que chez les femmes (18 %). Les proportions d’obésité sont en revanche très semblables entre les deux sexes (13% chez les hommes et 11% chez les femmes).

Les facteurs socio-économiques

Les facteurs socio-économiques comme le niveau de formation ou le revenu sont également des facteurs d’influence des MNT et de l’état de santé en général. Ils sont détaillés dans la rubrique « Inégalités sociales et territoriales de la santé ».